Chronique marine #14

Le lendemain était aussi beau que la veille. Je me suis réveillée dans une chambre d'hôtel confortable qui avait été retenu par la compagnie maritime. J'en étais heureuse, mes capacités de payer quoi que ce soit etaient plutôt limités. J'ai pris un bon déjeuné, les fruits délicieux et je suis descendu au port pour m'informer de l'arriver des navires. Le capitaine du port a été très gentils et m'a indiqué que le M.S. Pecan (Motor Ship) serait au quai vers 15:00 heures.

J'ai repris ma marche où je l'avait laissé la veille et je me suis dirigé vers les hauteurs de la ville. J'ai trouvé un petit chemin interminable qui se dirigeait vers l'un des coté de la baie. Après une heure de marche, un peu en sueur malgré la brise qui venait du large, j'ai eu la rémunération de cet effort: une vue imprenable de la ville et de la baie... Sur un fond de mer turquoise, des centaines de petits navires de pêche dansaient sur un air inconnu, un navire, silhouette imprécise, sortait du port, en route pour une destination lointaine. Sur la terre ferme, les maisons s'étalaient sans ordres, sans dessins, les rues tournaient de ici de là, comme si un architecte fou avait pris en charge la destiné de la ville.

En redescendant, j'ai rencontré un groupe de femme qui retournaient du marché, riant, fredonnant, papotant entre elles dans un espagnol chantant. Et voilà mon sourire idiot qui se pointe à nouveau. Le sentier me mène au marché, quelque part j'ai du manquer un tournant. Là, l'animation est à son comble. Fruits et légumes s'empilent en des montagnes de couleur, l'air est lourd de l'odeur sucré et un peu rance des fruits mûrs. Je salive et je ne peux résister à toute cette chaire étalée, à l'un des comptoirs, j'achète un cornet de fruits et de beignets, et ne confondez pas ce cornet de papier brun avec un cornet de crème glacée....

Je retourne à l'hôtel, il me faut libéré ma chambre, je prend un taxi jusqu'au port, mes bagages étant trop encombrants pour y être traînés. Je les laisse à la capitainerie et me promène sur les quais attendant impatiemment l'arrivé du Pecan. Ce navire peut être n'importe quoi, ne voulant pas informer la compagnie qui m'embauche que je suis une femme, j'ai demandé très peu d'explication. Je sais que le navire est sous drapeau libérien, que les officiers sont européens ou nord américains, que l'équipage est philippin, mais c'est tout. Il est plus que possible que ce soit un rafiot, une épave sale et mal entretenue qui flotte à peine, car ces pays comme Chypre, Panama et le Liberia qui émettent des droits de navigation à la tonne pour un peu d'argent, ne posent aucune restriction, aucun contrôle à ces compagnies maritimes. Alors, j'ai un noeuds dans l'estomac.

Mon regard se porte sur un navire entrant. Il est tout blanc, il est magnifique. Mon coeur saute dans ma poitrine, ce ne peut être lui... Il est trop beau, il est trop parfait. Lorsqu'il fait enfin son approche du quai, je peux enfin lire le nom, tout de noir sur son étrave blanche: Pecan. Maintenant, je peux m'en faire pour une autre raison: que sera la réaction du capitaine, lorsqu'il me verra????

Mais ça c'est pour la prochaine fois.

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